Culture

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CULTURE

Les rites funérailles Sakalava

Madagascar est riche en diversité culturelle de par les nombreuses tribus que le pays abrite. De la naissance au décès, en passant par la circoncision, le mariage… chaque tribu a son rite qui le distingue des autres. La tribu Sakalava de Nosy Be n’en fait pas exception, et ses rites sont encore plus spéciaux lorsqu’il s’agit de la famille royale.

A l’approche de son trépas, le roi est déplacé dans un autre endroit. C’est ensuite aux clans Sambarivo etMarovavy, du royaume Sakalava, maîtres d’oeuvres dans les tombeaux royaux  (Mahabo), de se charger de l’annonce de la mauvaise nouvelle au reste de clans. Le rôle et l`intervention des divers clans sakalava au cours des funérailles royales est strictement réglementé et structuré. S’enchaînent alors une multitude de traditions. Le Manantany (Ministre de l’intérieur) et les Rangahy (conseillers royaux) rangent l’assistancedans la cour à l’ouest de la maison ou se trouve  le corps du défunt. Durant plus d’une heure, chacun se prosterne, face contre terre, pour verser des larmes et pousser des cris de lamentations.

Pour les obsèques d’un roi Sakalava, c’est tout le royaume qui est en deuil durant 30 jours. Durant cette période, appelée « Fanompoagna mafana », tout le monde observe scrupuleusement des interdits, « fady », et s’habillent selon les rituels du contexte. Les femmes se tressent les cheveux et portent des habits traditionnels, le Salovagna et le kisaly. Quant aux hommes, ils sont habillés d’un  simple tissu autour de la taille (kitamby).

Préparation mortuaire

Lorsque le roi trépasse, on lui met de l’or dans la bouche avant de bander celle-ci avec une lanière de soie. Les orteils et les pouces, quant à eux, sont attachés par des lanières de dalahany (étoffe riche et importée). Le corps est alors lavé et enduit de miel puis recouvert d’un tissu blanc ainsi que de soie (sobahia ou dalahany).

Le bout d’un doigt de la main droite et une mèche de cheveux sectionnés pour être conservées comme reliques. Le corps est alors enveloppé puis cousu dans de la peau de zébu que l’on renouvelle toutes les semaines.

Une ouverture est toutefois prévue afin de laisser s’écouler le pus (nana) appelé exceptionnellement lait, issus de la putréfaction.

Le tombeau royal

Durant toute la période de deuil, les hazolahy ou magnandria n’arrêtent pas de sonner, qu’il fasse jour ou nuit. Pendant ce temps, les femmes pratiquent une danse sacrée, une mélopée propre aux funérailles royales et les hommes entament la préparation du tombeau royal.

Le cercueil est confié aux charpentiers les plus habiles qui s’y attèlent tous les jours, à l’exception du mardi, du jeudi et du dimanche qui sont considérés néfastes pour les Sakalava. Le cercueil est creusé à même un tronc de sohihy, arbre très dur, dont l’usage est exclusivement réservé aux funérailles royales. Cette tâche dure plusieurs semaines.

Lorsque les ossements du roi défunt sont purifiés de toute trace de chair, on procède alors à l`ensevelissement. Mais auparavant, les préparateurs prennent le soin de le parsemer de bijoux, de pièces d`or et d`argent, sans oublier les parfums de haute qualité. La célébration du rituel d`inversion se déploie ici dans toute sa splendeur. Tous les princes de la famille du défunt se doivent d`assister à la cérémonie de la mise en bière.

La sépulture doit avoir lieu un vendredi soir, la fosse ayant déjà été creusée la veille. Ce rituel réservé aux rois défunts est appelé « mamaky lanitry », ce qui signifie creuser le ciel. Spécifiquement, la tombe mesure environ 2,30 mètres de long, 1,50 mètre de large et de 2,50 mètres de profondeur. A la tombée de la nuit, on allume de gros cierges fabriqués à partir du suif des boeufs sacrifiés.

Le « fanompoagna mafana », c’est-à-dire l’enterrement prend fin. Mais auparavant, la prise d`un bain collectif et purification reste obligatoire et pendant une semaine encore, après les obsèques de L`Ampanjaka (ROI), ses sujets s`abstiennent de vaquer à des activités divertissantes. Pour information, on dénombre trois sortes de tombeaux royaux ou Mahabo à Nosy-Be, à savoir le « Mahabo Manongarivo », le « Mahabo Ambalarafia » et le « Mahabo Mitsinjoarivo ». Un évènementiel culturel et traditionnel est organisé au moins une fois par an dans chaque Mahabo de Nosy-Be, respectivement au mois de juillet pour le « Mahabo Manongarivo », en aout pour le « Mahabo Mitsinjoarivo » et en septembre pour le « Mahabo Ambalarafia ».

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